RetourArrière
Retour à l'accueilEN AUDE BOURRIN
Vers un autre poème ...

Quand une histoire se termine d’une façon peu satisfaisante, on dit parfois que ça finit en eau de boudin.
Mais d’où nous vient cette expression ? En fait, à la base, il s’agit d’un jeu de mots dérivé du mariage de Roland* de Victor Hugo. Vous vous souvenez :
« Ils se battent — combat terrible ! — corps à corps.
Voilà déjà longtemps que leurs chevaux sont morts… »
à la fin Olivier refile sa sœur à Roland qui l’épouse. Fin de l’histoire.

Avouez que cette fin a quelque chose de décevant. Victor Hugo lui-même aurait reconnu que si Olivier était si pressé de caser sa sœur, et que si cette dernière était assez désespérée pour se marier avec ce bourrin de Roland, c’est que « la belle Aude au bras blanc » devait être en réalité plutôt moche ; un vrai boudin quoi. L’histoire finissait donc bien en Aude-Boudin… et il est bien connu que Victor Hugo aimait les jeux de mots.

Certains voudront peut-être me faire remarquer que Louis Richer, dans « l’Ovide bouffon ou les Métamorphoses travesties en vers burlesques », avait dès 1665, page 16, utilisé l’expression : S’en aller en eau de boudin.
Je répondrai que c’est bien là la preuve du génie universel de Victor Hugo ! Comme les frères Grimm qui ont su inspirer Charles Perrault (pour ses Contes de ma mère l’Oye), comme Jean de la Fontaine qui a su inspirer Phèdre, Ésope et même la Bible (pour la Cigale et la Fourmi), Victor Hugo a su inspirer les écrivains de tous les temps.

Combien d’œuvres, de batailles, de règnes, de révolutions, d’histoires d’amour, se sont terminés, se terminent, se termineront, en eau de boudin ?

RétroChrono Noté au soir du 5 au 6 janvier MMXXVI (16\17NVS234), au 311tb.
==========================
* La Légende des siècles, Hetzel, 1859, 1 (p. 85-92).



Confidentialité
LouLoupe   Liste alphabétique   Liste chronologique   Essai de classement par thèmes

Courriel
Michel ASTRE, Poèmes et chansons pour les cinq saisons.